Tout serait simple ( ou relativement simple) s’il suffisait d’être soit modéré soit radical, de choisir une fois pour toutes entre la modération et la radicalité. Mais voilà ! un tel choix a-t-il un sens ?

En fait il faut être modéré quand et seulement quand la modération est de mise ; c’est à dire quand elle correspond à la situation ; quand la situation, en raison de sa complexité, appelle des analyses nuancées et des réponses mesurées. Mais quand la situation est extrême ? Quand il s’agit de combattre un pouvoir tyrannique, de repousser une agression militaire… ? Dans ces situations la modération ne peut-elle pas devenir criminelle?

On pourrait dire la même choses de la radicalité ; justifiée, nécessaire dans les situations extrêmes, elle est tout bonnement déplacée ou ridicule dans les situations complexes.

L’essentiel est donc, non pas de faire des professions de foi modérées ou révolutionnaires, mais de ne pas se tromper sur la nature des situations dans lesquelles on se trouve : complexes ou extrêmes ?

NB Il est de bon ton aujourd’hui de se prétendre révolutionnaire, quitte à devoir préciser, si on est pressé de questions, que le terme ne qualifie que la fin visée et non pas les moyens que l’on compte mettre en œuvre. N’est-ce pas toutefois se payer de mots ? Le projet de transformer en profondeur, voire totalement, la société, mais étape par étape, est en effet la définition même du réformisme !