vive les sociétés modernes - abécédaire

Cet abécédaire est élaboré progressivement. Les contributions proviennent d'horizons (professionnels, disciplinaires, philosophiques...) divers. Il voudrait être un témoignage sur notre époque.

14 octobre 2008

J comme Jugement politique

Difficultés du jugement politique dans les sociétés modernes.

C’est un paradoxe des sociétés modernes : la politique y est partout et le jugement politique nulle part. Ramenée à un rang modeste — on n’en attend plus le salut ni la vie bonne, seulement une gestion efficace —, la politique n’en est pas moins partout, puisque nous voyons partout des « jeux de pouvoir », des problèmes de « management ». Le mot « gouvernance », apparu depuis peu, signale cette diffusion de la politique, du fonctionnement «  politique » de nombreuses institutions, l’éducation ou la solidarité entre générations par exemple. En revanche, le jugement politique, c’est-à-dire le jugement visant à dégager un bien proprement politique est devenu pour les contemporains une chose obscure, évanescente. On se plaint couramment de la médiocrité du personnel politique, de la disparition des grands politiques, mais serions-nous capables de les reconnaître, et en vertu de quel jugement ? (cette attente d’un type d’homme, plutôt que d’un programme ou d’une orientation idéologique, me semble avoir joué un rôle plus important qu’à l’accoutumée dans les élections présidentielles récentes, en France en 2007 ou aux Etats-Unis en 2008).

Pas facile en effet de faire une place au jugement politique entre le jugement moral et la considération cynique de l’intérêt de tel Etat ou de telle collectivité. Vincent Descombes définit le jugement politique comme une opinion sur une matière politique dotée de conséquences pratiques pour le sujet qui forme ce jugement (cette clause permet de distinguer le jugement pratique du citoyen d’une simple opinion de spectateur réagissant à des nouvelles lointaines ou même à une fiction, sans portée pratique). On pourrait dire aussi que le jugement politique porte sur quelque bien proprement politique, c’est-à-dire relatif à la « constitution » de la cité. La notion de bien politique allait de soi à Athènes : quelles que soient les divisions concernant le bien de la Cité, le fait qu’il y ait un bien commun politique, distinct d’autres biens, était une évidence.  Ce n’est plus le cas pour les Modernes. Montesquieu doit insister pour bien faire comprendre à son lecteur que ce qu’il appelle la vertu politique (l’amour de la patrie dans les républiques) n’est nullement la vertu tout court (voir l’avertissement de L’esprit des lois). Depuis, les choses ne se sont pas arrangées : nous avons beaucoup de mal à reconnaître une sphère propre d’excellence à l’action en vue de l’intérêt collectif, ou au choix du meilleur régime, à ne pas en ramener le critère à quelque principe prépolitique, qu’il soit grandiose (l’humanité) ou prosaïque (l’utilité). Selon Hilary Putnam, la philosophie pratique contemporaine a une fâcheuse tendance à « en faire trop » : « quand un philosophe « résout » un problème éthique, on a l’impression d’avoir demandé un ticket de métro et d’avoir reçu à la place un ticket de voyageur à valoir pour le premier vol spatial interplanétaire habité. »[1] Ce qui est dit ici du jugement éthique vaut au carré pour le jugement politique.

Si par jugement on entend un jugement rationnel, la démocratie semble être une condition du jugement politique, qui suppose que la politique relève de l’action et de la libre délibération des hommes, et non d’un ordre transcendant inquestionnable. L’état de la question dans notre démocratie montre cependant qu’il s’agit d’une condition nécessaire mais non suffisante. En effet, s’il n’y a pas de place dans nos représentations pour l’idée d’un bien politique, comment un dirigeant, un citoyen pourra-t-il faire preuve de jugement dans une situation qui le requiert ?

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Philippe de Lara (philosophe; a participé autour de Vincent Descombes au volume Philosophie du jugement politique, Points Seuil)

[1] Le réalisme à visage humain, Paris, Seuil, 1994, p. 352.


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10 octobre 2008

J comme Justice sociale et Justice écologique (fin)

II/ conclusions.

Contrairement à toutes les écoles de la pensée économique, seule l’économie écologique, est attentive à la croissance des flux matériels et d’énergie ainsi qu’à la production de résidus. L’économie écologique se situe en cela dans la perspective de l’analyse du métabolisme de la société évoqué par Marx dans Le Capital. Comme le rappelle Martinez-Alier, « le marché ne garantit pas un accord écologique » car il met face à face des acteurs socialement inégaux. Et précise-t-il, contrairement à une idée reçue, qui laisse à penser que l’écologisme est un mouvement de la classe moyenne des pays riches né au début des années 1970, il existe depuis longtemps un écologisme populaire. Ce dernier, loin de se limiter à une dimension locale, a d’importants effets internationaux. Sa réflexion et son action critiques s’étendent désormais au commerce international et à l’évaluation des passifs environnementaux des entreprises et des pays riches, avec notamment le concept de dette écologique. L’expression théorique des contradictions opposant un écologisme des pauvres à celui des riches renvoie  à la question cardinale que pose Joan Martinez-Alier : « Qui dispose d’assez de pouvoir social et politique pour simplifier cette complexité en imposant un langage précis d’évaluation ? »

En effet, au-delà du souci légitime de préservation de la viabilité de notre habitat terrestre, il ne serait pas sérieux  d’imposer des restrictions de toute nature à des franges importantes de la population mondiale au moment où elles entrevoient la possibilité d’améliorer leur situation matérielle dans de multiples domaines de leur vie quotidienne. A l’inverse, l’accumulation des déchets dans la ceinture dorée de la planète, qui est le symbole d’une forme de décomposition de nos sociétés, ne saurait être érigée en modèle universel. Car ces déchets ne sont pas seulement des matériaux dégradés et coûteusement recyclables, mais aussi le produit final d’une activité et d’un travail humains sans qualité.

Justice environnementale et lutte contre les inégalités écologiques posent par principe les épineux problèmes d’une technologie et d’une croissance qui créent de façon récurrente de nouvelles inégalités parmi les hommes. Les débats et les conflits sociaux sont désormais et sans retour ouverts sur des questions écologiques complexes, dont bien des conséquences ne seront perceptibles que dans le long terme, mais qui exigent des décisions immédiates. Telles sont les bornes dans lesquelles sont enfermées les exigences de justice sociale et environnementale qui émergent dans toutes les sociétés du monde.

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Jean-Paul Deléage.

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07 octobre 2008

J comme Justice sociale et Justice écologique

I/ états des lieux.

Les désordres et les inégalités écologiques ne sont pas le fruit du hasard.

Depuis quelques années, les notions d’inégalités écologiques et environnementales, comme celle de justice environnementale, ont connu une véritable inflation éditoriale. Cette dernière est l’indice d’une accélération des problèmes d’environnement qui affectent des populations de plus en plus nombreuses. Au point que l’existence même des sociétés est désormais sous la menace d’activités humaines strictement enchaînées aux servitudes de la technoscience et à la toute puissance du marché.

Luttes sociales et pour la défense de notre environnement sont des combats dont les fronts naguère séparés tendent à converger du même mouvement que celui de la conscience de notre implication structurelle dans des sociétés de classe et de notre commune appartenance à la nature, appartenance commune et cependant marquée de profondes inégalités. Comment tout d’abord éclairer le sens des diverses expressions qui marquent ce champ d’inégalités ? Le concept d’inégalités écologiques renvoie tout d’abord à la confrontation inégale et mesurable entre d’une part individus et groupes sociaux et d’autre part divers éléments réputés naturels (air, eau, biodiversité) et interconnectés. Celui d’inégalités environnementales élargit la confrontation avec la surnature concrète et imaginaire, profondément travaillée par l’emprise technique de l’humanité sur l’écosystème mondial. Il s’agit ici d’élucider mécanismes sociaux et (dé)raisons politiques de ces inégalités écologiques et environnementales parmi les hommes.

Je souligne les points suivants :

1/  L’idéologie du progrès et l’oubli de la nature, considérée comme une variable inerte, une contrainte ou une simple externalité (réservoir de ressources) ont contribué à faire que la « science » économique néglige le cadre écologique dans lequel s’inscrit toute activité économique.

2/ Cet « oubli » de la nature est aussi l’oubli d’une idée féconde, celle de Stoffwechsel (métabolisme), énoncée par Marx dans Le Capital dès 1858 et développée maintenant depuis près d’un demi-siècle par l’économie écologique dont l’un des pionniers est Joan Martinez-Alier. Etre attentif au métabolisme de la société, c’est comprendre que les externalités ne sont pas des erreurs du marché ou des gouvernements, mais qu’elles sont systémiques. L’économie humaine est un sous-système d’un système biophysique plus vaste, englobant.

3/ Un point essentiel est la critique du « somnambulisme technologique » de nos sociétés dites développées, telle qu’elle a été formulée par le philosophe des techniques américain Langdon Winner dès 1986 (traduction française, La baleine et le réacteur, 2002). Winner suggère que toutes les technologies nouvelles créent de nouvelles formes de vie.

4/ Précisons : oui, les technologies nouvelles modifient sans cesse nos formes de vie, créant sans cesse de nouvelles discriminations sociales et écologiques, au sens le plus fort du terme, et à toutes les échelles. (cf André Gorz qui présente les mouvements écologiques comme étant centrés sur « la défense du monde vécu »).

5/ Souvent les questions écologiques et sociales se présentent sous des formes qui les rendent impossibles à traiter à l’aide des seules méthodes scientifico-techniques réductionnistes. Cela suffit à justifier la méfiance des écologistes envers les scientifiques (des sciences de la nature), sans qu’on ait besoin d’en appeler à une philosophie irrationnelle des sciences ou à une théorie anarchiste de la connaissance (Paul Feyerabend). Les problèmes sont souvent complexes parce que nouveaux et créés par le complexe technique/scientifique/industriel contemporain. D’où un phénomène peu courant dans le champ scientifique « normal » : Les activistes écologistes et les « experts » des universités et des entreprises discutent sur un pied d’égalité. C’est la « science post-normale » de Funtowics et Ravetz, le « dialogue des savoirs » de Victor Toledo. C’est ce qu’on appelle l’activist knowledge aux Etats-Unis.

6/  Ces questions théoriques sont brutalement posées dans la politique concrète aux différentes échelles, par les divers mouvements de la justice environnementale. Et globalement au travers des nouveaux modes de régulation du capitalisme mondialisé, dans le cadre de ce que Naomi Klein désigne dans son dernier ouvrage comme le capitalisme du désastre..

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(à suivre)

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Jean-Paul Deléage (historien de l'écologie et directeur de la revue Ecologie et politique)

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03 octobre 2008

J comme Jardin (modernité du) (2)

JC Haglund (suite)

...Aujourd’hui, la modernité du jardin ne se réduit pas à celle des engins de chantier et des systèmes d’arrosage, à l’usage possible de modélisations informatisées pour, par exemple, figurer ce que pourra devenir un espace planté. Puisque la promenade ne peut ici être que virtuelle, allons voir les images et documents proposés par Florence Mercier, créatrice d’un jardin pour le festival de Chaumont 2008. Sur le thème imposé des « graines de conscience », elle a proposé un jardin dont on perçoit, même sur l’écran, quelques caractéristiques. Le jardin n’est plus un tout mais une juxtaposition de fragments (un collage ?). Elle propose explicitement de le lire à partir d’emprunts à des cultures spécifiques comme une recherche de l’universalité de « figures » partagées. Conscience de la valeur de la biodiversité, éloge de l’échange, appel à l’expérience du voyage, son jardin parle de tout cela. Un jardin expression d’un rapport au monde contemporain, une esthétique de la rupture des points de vue, du refus de la traditionnelle séparation du minéral et du végétal… ne serait-il pas là, typiquement « moderne » ?

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réalisation de Florence Mercier

au festival international des jardins (2008) : « Jardin en partage »

domaine regional de chaumont sur loire / loir et cher

Notre projet est composé de fragments de paysages symbolisant un continent: l'Océanie, l’Europe, l’Afrique et l’Asie ; et immerge le visiteur
dans différents univers poétiques.
Tel un carnet de voyage, il invite le promeneur à parcourir ces paysages,
dont les atmosphères, les impressions et les émotions surgissent et se
juxtaposent, comme les mécanismes de la mémoire.
Au coeur de la nature et des jardins, les hommes représentent leur visage, pour habiter le monde. Les jardins collectifs, que les habitants aiment animer de leur image et de leurs objets familiers, en sont une expression vivante.
Autant de visages dans chacun des fragments de jardin que de « graines de conscience » pour notre planète.

Photo_pr_sentation

Photo_Chaumont_19

1/évocation de la forêt d'océanie



Photo_chaumont_22

2/le socle minéral et le mur d'eau, évocations des jardins shinto du japon et des marae des îles Marquises



Photo_chaumont_27

3/Verbena et pierres du marae



Photo_chaumont_24

4/Tiki et visiteurs dans la forêt d'océanie



Photo_chaumont_25

5/reflet des prairies du continent européen

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30 septembre 2008

J comme Jardin (modernité du) (1)

            Cultivons les paradoxes : ils ne demandent qu’à pousser !

            Le premier tient à une gageure : introduire le jardin dans un blog, c’est donner à voir en images, en deux dimensions, ce qui par définition s’inscrit dans l’espace, c’est entrer par le texte dans ce qui se saisit par l’expérience sensible, c’est user du virtuel et du numérique pour évoquer ce qui s’enracine dans le concret de la terre, des cailloux, de l’humus. Faute de pouvoir pousser la porte étroite qui chancelle ou de passer par la grille du parc, on va donc inviter à cliquer.

Le deuxième consiste à envisager la possible modernité du jardin, alors que rien ne semble aussi immémorial, pétri d’usages et d’outils dont on a hérité. Penser au jardin, c’est apparemment, d’abord, remonter le temps. C’est revenir à quelque souvenir d’enfance, entrevoir des silhouettes de grands-parents, se remémorer des odeurs, des parcours, des images, et tout un vocabulaire. Et des jardins publics et squares de naguère, aux parcs et potagers des châteaux, par l’inventaire de la mémoire, des voyages et des livres chacun jalonnera ses souvenirs de mots magiques : le Luxembourg ou Bagatelle, les jardins du Generalife, le parc Guëll.. Par les livres et les tableaux des musées, nous remonterons aux jardins des peintures de la Renaissance ou des enluminures médiévales, aux mythiques jardins suspendus de Babylone, à l’Eden biblique… Assurément, le jardin ramène aux origines.

Le troisième c’est que dans cet inventaire où nous sommes conviés à faire défiler les termes les plus prestigieux de la pensée philosophique, les mots-clefs des controverses actuelles, le jardin est humble jusqu’à en paraître déplacé. A l’aune des engagements politiques, des responsabilités historiques, il n’a pas grande valeur. Géraniums, giroflées, potirons… quelle dérision ! Installons-y un faux puits en vrais pneus repeints, des bordures en bouteilles retournées, des nains (de jardin) pendant qu’on y est… et on en fera volontiers le décor même du repli sur une médiocrité sans nom, le symbole de l’aliénation, l’image du renoncement aux ambitions et il n’est pas sûr que la fameuse réplique de Candide à Pangloss redore vraiment le blason du jardin !

Refermons quand même le portillon ou la barrière pour nous arrêter un peu au jardin car il est clos, le jardin, étymologiquement*. Par nécessité pratique, sans doute, pour éloigner les intrusions animales et préserver le résultat du travail accompli mais aussi pour marquer que quelque chose le distingue de la nature, quand bien même le jardinier joue de ses lois. Comme elle est judicieuse, la règle du très "branché" festival des jardins de Chaumont qui attribue à chaque créateur un espace identique et délimité, en forme de feuille stylisée.

Et même si c’est la fête au jardin, on ne s’y comportera pas en « sauvage » : on évitera de cueillir, on ne brisera pas l’ordonnancement. Non seulement par respect pour l’œuvre humaine, mais peut-être parce que cet enclos garde quelque chose de sacré. Pierre Grimal, dans l’Encyclopaedia Universalis assure que les jardins antiques ne visaient pas d’abord ni surtout la production alimentaire utile, mais la profusion gratuite et que cette culture s’adressait moins aux humains qu’aux divinités.

D’où vient aussi l’émotion particulière qu’on éprouve en passant dans le jardin de ceux/celles qui ne sont plus ? Ce fut le cadre de certaines de leurs heures, soit. Mais c’est aussi que le jardin rend sensible que ce qui en demeure résulte d’une volonté manifeste de laisser après soi quelque chose. Pour l’agrément du visiteur, pour la beauté de l’arrangement, pour impressionner les générations, les jardiniers ont changé une parcelle du monde donné ou ont veillé à maintenir ce qu’il fallait transmettre quitte à le transformer. Ils ont suivi le retour des jours, des lunaisons, des saisons… On dit qu’ils se sont ainsi soumis à l’ordre du temps. Je me demande s’ils n’ont pas aussi, comme d’autres créateurs, réussi à lui échapper.

Mais ils n’échappent pas à l’histoire, aux modes, aux modèles. Il existe une histoire des jardins qui marque le lien entre l’art des jardins et les rapports sociaux, les représentations du monde et du pouvoir. Jardins de cloîtres, jardins zen, jardins médiévaux, jardins de Vaux le Vicomte ou de Versailles, jardins anglais, jardins à la française, jardins de « fabriques »… Ils donnent au promeneur actuel à la fois un plaisir sensoriel et une émotion esthétique mais ils manifestent à ses yeux des moments d’une histoire de la foi, d’une histoire de l’art, d’une histoire tout court. Ils ont été baroques, classiques, romantiques. Ils ont contribué à la mise en scène du pouvoir du prince. Mais jardins ouvriers, comme on disait autrefois, jardins familiaux ou partagés, comme on dit désormais, ils ont pu aussi symboliser d’autres valeurs...

   JC Haglund

*Venus des langues germaniques (cf. gardo: clôture, Garten: jardin), les noms médiévaux gart, jart, gardin et jardin ont supplanté les dérivés gallo-romans du latin hortus. On suppose qu'un hortus gardinus devait être bien clos. Garden et giardino illustrent la diffusion dans d'autres langues de ce jardin dont le yard anglais et le gaard scandinave sont cousins. Qu'aurait pensé Kierkegaard de l'expression "jardin du souvenir" pour désigner le lieu où l'on peut répandre les cendres des défunts dans certains cimetières?

à suivre

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27 septembre 2008

J comme Journalisme (et justice)

Entendu dans la bouche d'un journaliste chinois en poste à Paris : "Le devoir d'un journaliste n'est pas de défendre la justice mais de dire la vérité".

Propos sans doute surprenant de la part d'un possible représentant officiel du régime de Pékin, mais surprenant aussi par sa justesse et sa concision.

En effet, et encore plus dans les états démocratiques que dans les autres, on attend des journalistes qu'ils rapportent fidèlement les faits (dans leur matérialité et leur signification)1 et non qu'il se mettent au service de quelque cause que ce soit, aussi juste soit-elle:

- dans les états démocratiques encore plus dans les autres : car l'un des principes fondamentaux de ces états est que les adultes, au contraire des enfants, sont autonomes intellectuellement, c'est à dire capables de penser par eux-mêmes.2 S'il y a donc absolument lieu de les informer, il n'y aucunement lieu de procéder à leur place à l'appréciation morale et/ou politique des évènements qui surviennent dans le monde, et encore moins de cacher certains d'entre eux ou d'altérer leur relation, au motif que cette relation pourrait nuire à une cause sacrée parce que juste : la vérité des faits risque en effet d'être dangeureuse pour toutes les causes y compris les plus justes, mais la démocratie exige que les journalistes et nous-mêmes, leur lecteurs, courrions ce risque. Toute autre option relève d'une conception paternaliste de la presse.

- on élude souvent cette exigence en contestant, pour des raisons épistémologiques plus ou moins convaicantes, la possibilité de dire la vérité, de relater fidèlement les faits, d'être objectif, impartial. Quand même une relation absolument fidèle serait inaccessible, cela ne saurait servir d'excuse à ceux qui ont pris leur partie de la partialité.3

Reconnaissons toutefois que les sociétés modernes sont mieux protégées de ces dérives que les autres en raison de la pluralité et peut-être de la concurrence des médias: il y est plus difficile de passer sous silence les faits dérangeants.

Pierre Gautier

1 en prenant soin de séparer aussi clairement que possible dans leurs articles chacun de ces deux aspects.

2 on peut douter de l'autonomie intellectuelle des adultes : qu'on ose alors se demander si on est vraiment démocrate.

3 à la limite la notion de journaliste engagé est une contradiction. Le seul engagement digne d'un journaliste est l'engagement de ne se laisser détourner de la vérité (selon les règles de la déontologie) par aucune cause, y compris les plus sacrées; non pas que la vérité soit la seule ou la plus haute valeur digne de respect dans une société, mais c'est la seule valeur que doit respecter le journaliste en tant que tel.

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23 septembre 2008

J comme Jugement (et intelligence)

Le terme de jugement, comme bien d'autres, possède de nombreux sens. Parmi ceux-ci:

- le jugement des logiciens qui consiste uniquement à attribuer un prédicat à un sujet (le ciel est bleu).

- le jugement de valeur, éthique ou esthétique (bien/mal, beau/laid).

Ici nous entendrons ce terme en un sens encore différent: comme faculté de bien juger des choses qui ne font pas l'objet d'une connaissance certaine, c'est-à-dire finalement d'un grand nombre de choses (la majorité?) auxquelles les hommes se trouvent confrontés au cours de leur vie. Par exemple, faire preuve de jugement ne consiste pas à constater qu'on a été escroqué ou manipulé mais à comprendre qu'on est en train de l'être; ou, pour un chef d'Etat, non pas à prendre acte d'une déclaration de guerre mais à percevoir l'imminence de celle-ci bien avant son déclenchement.

Pour dire les choses autrement, on fait preuve de jugement lorsque, dans les situations d'incertitude, on ne se trompe pas trop sur leur caractère (et, le cas échéant, sur les décisions à prendre); dans le cas inverse on manque de jugement.

C'est que juger consiste à statuer ou trancher non à partir de preuves mais à partir de signes ou d'indices, là où justement il faudrait, selon Descartes, que celui qui poursuit la seule connaissance suspende son jugement; et manquent de jugement celui qui a toujours besoin de preuves comme celui qui réagit impulsivement à tous les signes, ou encore celui qui, sensible aux signes et économe de ses réactions, les interprète mal.

La faculté de (bien) juger relève de l'intelligence et en est une manifestation. Mais force est de constater que l'intelligence théorique n'est pas le gage d'un  bon jugement: nombreux furent ceux dont les capacités théoriques étaient incontestables, qui se signalèrent, en des occasions graves, par leur manque de jugement (Heidegger et le nazisme, Michel Foucault et la Révolution iranienne...)*; de telle sorte que, comme l'écrit Aristote, "certains ignorants peuvent faire preuve de plus de sagacité que d'autres qui savent"**

Dans certains domaines, la dissociation éventuelle de l'intelligence théorique et du jugement (toujours dans le sens convoqué dans ce billet) n'est pas trop grave: ainsi on peut être un excellent mathématicien ou un excellent physicien et n'avoir pas un jugement très fiable. Dans le domaine des affaires humaines (et notamment dans le domaine politique) une telle dissociation est très dommageable: que peuvent bien valoir les analyses théoriques les plus fines si elles reposent sur une perception totalement erronée des réalités humaines présentes?

Pierre Gautier

* Hannah Arendt parle "des intellectuels piégés par leurs propres théories" à propos d'un certain nombre de ceux qui en Allemagne tardèrent à percevoir la véritable nature du nazisme, suggérant ainsi que l'intelligence théorique peut même être un obstacle au jugement.

** C'est notamment le cas « des gens d'expérience ». Cela dit, toujours selon Aristote, l'expérience ne développe pas mécaniquement la faculté de bien juger; elle ne la développe que chez ceux qui possèdent celle-ci déjà en puissance, c'est-à-dire finalement chez les "caractères bien nés".

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19 septembre 2008

J comme Je

Le Je n'est pas moderne,

Le je n'est ni moderne, ni antique; il n'est d'aucun temps, mais présent dans tous les temps assurant au temps sa présence. Tout passe dans le monde humain. Sur le plan collectif d'abord, les sociétés changent, la culture, la politique, les valeurs, les religions, les idéaux ; rien ne garde une forme constante. Sur le plan individuel aussi, tout se modifie sans cesse : notre corps change, nos idées, nos désirs, nos croyances, nos émotions , nos pensées changent. Que reste-t-il de fixe? Qu'est-ce qui jamais ne change?

Le Je.

Non pas son ombre, le faux je, le moi pâle auquel nous l'identifions à tort constitué par le corps, le masque social, ou les pensées. Lui change comme un décor de théâtre. Le Je est la scène immobile.

Mais nous ne connaissons pas notre je.

Voici un texte qui nous montre ce que signifie que s'éveiller au je.

Ce texte est de Ramana Mahashi, le plus célèbre sage indien du XXème siècle. A l'age de 17 ans, seul dans sa chambre, il fait l'expérience de la présence du Je en lui. Il partira après sa découverte dans une grotte du sud de l'Inde, où viendront le voir des milliers de personnes, indiens comme occidentaux.

« Environ six semaines avant mon départ définitif de Madurai, il se produisit dans ma vie un grand changement. Ce changement fut soudain. J'étais seul dans une des pièces du premier étage, dans la maison de mon oncle. Je n'avais été malade que rarement, et ce jour-là ma santé était excellente; mais je fus pris soudain d'une violente peur de la mort. Rien dans mon état ne la justifiait, et je n'essayai pas d'en découvrir la raison; je me contentai de l'éprouver. Je me disais: « Je vais mourir », et je me demandais que faire. Il ne me vint pas à l'esprit de consulter un médecin, ou l'un de mes amis. Je sentais qu'il me fallait résoudre moi-même le problème, et sur le champ.

« Le choc causé par la peur de la mort forçait mes pensées à l'observation intérieure, et je me répétais mentalement, sans réellement formuler des paroles: « Maintenant que la mort est là, que signifie-t-elle ? Qu'est-ce que c'est que mourir ? C'est ce corps-là qui meurt! » Et aussitôt je dramatisais le fait de la mort. J'étais couché, les membres raides comme si j'étais mort réellement. J'imitais la situation d'un cadavre pour donner à mon enquête une réalité plus grande. Je retenais ma respiration, et serrais les lèvres pour qu'aucun son ne put s'en échapper, pour m'empêcher de prononcer le mot « je », ou tout autre mot. « Bon! me disais-je, ce corps est mort. On l'emportera complètement rigide au lieu de sa sépulture, où on le brûlera et le réduira en cendres. Mais suis-je mort par cette mort de mon corps ? Mon corps est-il « moi » ? Il est silencieux et inerte, mais je sens la pleine force de ma personnalité, et j'entends même la voix du « moi » au fond de mon être. Je suis donc un esprit qui transcende le corps. Le corps meurt, mais l'esprit, transcendant le corps, ne peut être touché par la mort. Ce qui veut dire que je suis un esprit immortel. »

« Ces pensées n'étaient pas obscures et ternes. Elles jaillissaient en moi telles d'éclatantes vérités, que je percevais directement sans que mes activités cérébrales fussent en jeu. Le « moi » était donc quelque chose de très réel, la seule chose réelle dans mon état présent, et toute l'activité consciente de mon corps se concentrait sur ce « moi ». Depuis cet instant, la puissance fascinante de ce « moi » se plaça au cœur même de toute mon attention.

« La crainte de la mort avait disparu, et pour toujours. L'absorption dans le « moi » se poursuivit sans interruption. D'autres pensées passaient et disparaissaient, pareilles à diverses notes de musique, mais le « moi » demeurait comme la basse continue, sous-jacente à toutes les autres notes, et se confondant avec elles.

« Que mon corps fût occupé à parler, à lire, ou à quoi que ce soit d'autre, tout mon être n'en était pas moins centré sur le « moi ». Avant cette crise, je ne le distinguais pas clairement, et je n'étais pas attiré consciemment vers lui. Je ne ressentais pour lui nul intérêt direct ou perceptible; encore moins inclinais-je à demeurer constamment en lui. »
(Ramana Maharshi) 1

José Le Roy

1Voici un autre texte écrit par Stephen Jourdain, philosophe, poète, mystique contemporain. A l'age de 17 ans, lui aussi, découvre en lui par un éveil, la présence du Je.

« C’était le soir, j’étais dans ma chambre, allongé dans l’obscurité, et je tournais et retournais dans ma tête depuis un long moment, probablement depuis une demi-heure, la petite phrase du Cogito de Descartes: “Je pense, donc je suis”. Il m’avait semblé, dans les jours précédents, entrevoir une prodigieuse vérité dans cette petite phrase, et j’essayais de retrouver cette vérité entrevue dans un éclair. Je réfléchissais depuis très longtemps, en me répétant inlassablement: “je pense, donc je suis”, et en faisant chaque fois le voyage depuis la réalité vivante qui en moi-même correspondait à “je pense” et “je suis” jusqu’à ce que ces mots, pour les charger, dans la petite phrase, de leur vrai sens. En m’efforçant de penser le Cogito avec ma vie. C’était un travail très difficile, j’étais épuisé, le déclic qui m’aurait révélé la signification mystérieuse de la phrase ne se produit pas, mais, à un certain moment, un autre déclic, que je n’attendais pas, a dû jouer. Un ressort secret qui devait être enfoui dans la conscience humaine depuis la Création, qui attendait son heure et que je viens d’effleurer par hasard.. Et l’événement s’est produit, avec une soudaineté surnaturelle.

Et tout d’un coup je me suis retrouvé dans un avant, un commencement insoupçonné de moi-même, veillant d’une veille sans limite, me sachant — et me sachant me sachant — et me sachant me sachant me sachant: à l’infini, et m’éprouvant totalement identique à cette veille, cet abîme d’auto-conscience, qui n’était point chose qui m’était donnée, mais au contraire qu’essentiellement je ne subissais pas, faisais moi-même brûler.

Et puis vlan! Quelque divinité, dans le royaume métaphysique, a tripoté un bouton, je me suis retourné comme un gant, et déjà cette chose insensée était là au milieu de moi, comme un membre vivant à la place d’une prothèse.

A brûle-pourpoint, je glisse dans une lucidité sans nom, achèvement inouï de l’aurore qu’on nomme conscience de soi. Cette lumière n’est pas un état passivement subi: c’est un acte que désormais je sais accomplir. Elle n’est point non plus, à proprement parler, une expérience que je fais: elle est moi, elle est exactement » Steve Jourdain.

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16 septembre 2008

J comme l'idée de Justice dans les sociétés modernes

On distinguera d’abord le sentiment de l’injustice et l’idée de justice reposant sur une définition. Le sentiment est subjectif, qu’il soit justifié ou non, et il n’est pas aisé à faire admettre par l’autre en cas de litige. Un juge doit donc obligatoirement se référer à une idée définie de la justice.

Dans l’idée de justice, on éliminera la confusion entre ce qui n’est « pas juste », pas mérité, (« il n'a pas fait beau pendant mes vacances ») et ce qui est injuste parce que contraire à une idée de la justice. Ce n’est pas toujours évident : l’enfant qui naît de parents miséreux et incultes est-il victime de « pas de chance » ou d’une injustice sociale, ou des deux ? J’aurais tendance à admettre que la justice absolue n’existerait que le jour où tous les enfants naîtraient avec les mêmes chances au départ, et où leurs destins ne dépendraient que de leurs choix individuels, des choix non prédéterminés. Ce n’est qu’un fantasme, car la vie d’un individu ne peut pas commencer abstraction faite des conditions indépendantes de lui.

En attendant, et pour les affaires d’ici-bas, la règle de justice admise par tous est « Attribuer à chacun ce qui lui est dû ». Cela suppose d’abord que l’idée de justice soit réservée aux actions humaines. Cela suppose ensuite deux choses au moins : qu’il y ait une règle, une mesure, un poids, pour évaluer ce qui est dû ; et que cette règle soit appliquée également à tous.

Ce qui soulève quelques petites difficultés.

Il faut que la règle elle-même soit juste. Qu’elle soit appropriée à ce qu’elle mesure. Servir en premier les derniers arrivés dans la file d’attente est une idée amusante, ( Christ en a défendu une certaine mouture à propos des ouvriers de la 11e heure), mais cette règle est difficilement justifiable. Quelle est par exemple la règle juste pour rémunérer un travail ? Une copie d’élève ? La question n’est pas insoluble, loin de là, nous y reviendrons.

Il faut appliquer également une règle juste uniquement à des cas qui en relèvent également. On n‘appliquera pas la règle juste du « premier arrivé dans la file d’attente, premier servi  à la caisse» à une femme trop enceinte…pour attendre. C’est ici que l’équité vient moduler et compléter l’application stricte de la règle.

Revenons à la difficulté apparente de fixer une règle juste, pour évaluer ce qui revient à chacun pour un travail salarié, pour une copie d’élève, pour les impôts ou pour la part de nourriture à partager entre des enfants.

La solution est évidente et elle est bien connue de tous. Ce qui est juste sur un plan ne l’est pas sur un autre, et il convient alors de pondérer, en justifiant la hiérarchie qu’on établit entre les différents critères.

C’est ainsi que notre pays accorde un droit de vote totalement égal, tandis qu’en matière d’impôts, il n’y a pas d’impôt égal, et nous pondérons les prélèvements proportionnels aux dépenses (la TVA) et les prélèvement progressifs. Chaque critère doit être justifié, mais il ne peut l’être que de façon relative. Le jour d’un examen, la notation d’une copie privilégiera le résultat, alors que l’évaluation d’un élève peut tenir compte de l’effort fourni relativement aux moyens de chacun. Les élèves protestent souvent contre une note qu’ils jugent disproportionnée au temps qu’ils ont consacré à un travail.

Il existe un autre critère de la justice : ce qui est conforme à une procédure intrinsèquement juste : quand deux personnes se partagent un gâteau, ce n’est pas celle qui le coupe en deux parts qui choisit la sienne en premier. La procédure joue un rôle déterminant dans les sociétés modernes.

Celles-ci ont renoncé à l’idée d’une justice absolue, celle de Dieu par exemple. Elles ont appris à ne pas céder aux sentiments subjectifs des victimes, plus ou moins tout de même, et elles mettent la justice entre les mains de deux Tiers neutres : le Droit et le Juge.

André Sénik

Posté par pierregautier75 à 18:50 - J - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

13 septembre 2008

J comme "Jardin secret"

Quelle jolie expression pour désigner ce qui est réservé dans notre conscience, et promis à un silence « perinde ac cadaver » !

C’est un ensemble d’expériences vécues, pas nécessairement dramatiques, douloureuses ou humiliantes, mais, ni innocentes, ni fièrement assumées. Il s’y ajoute des fantasmes, agréables mais irréalistes, dont la révélation nous vaudrait quelques ennuis familiaux, conjugaux ou amicaux. Même l’analyste n’y a pas droit. Vis à vis de lui (ou d’elle), il faut préserver son image. L’analysant d’aujourd’hui sait que le souvenir conscient n’est pour rien dans le mal à vivre qui lui a fait entreprendre une analyse. L’imaginaire est justement un moyen d’échapper à la réalité. Ses turpitudes connues ne seraient que des cadeaux pervers.

Ce n’est ni un placard, ni un coffre dans un grenier, encore moins un journal intime oublié. Pas davantage un terrain vague ou une jachère. C’est un vrai jardin, cultivé, soigné, entretenu, visité régulièrement, dont chaque plante est arrosée, engraissée, soignée. De temps en temps, il faut trouver de la place pour une nouvelle. Il y a toujours une place vide, sans chercher beaucoup. Quelle plante était là ? « On » ne se souvient plus. Tant mieux !

De temps en temps, parce qu’on est heureux avec un auditeur (ou une auditrice), « on » en fait visiter un petit coin. Gare ! « On » n’est pas toujours récompensé de sa franchise.

L’ennemi du jardin secret, c’est l’ivresse, la cuite. « In vino véritas ! » Ce peut être la « soirée portes ouvertes » !

Si « l’autre », invité au « tour du propriétaire », y trouve matière à se fâcher, adieu le bonheur factice !

Un grand nombre de ceux dont on ignore à quel point ils ont la « main verte » restera à jamais inconnu.

Yves Leclercq

Posté par pierregautier75 à 12:22 - J - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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