Première partie: http://moderne.canalblog.com/archives/2013/11/20/28473031.html

 

Deuxième partie:

Tandis que certains prospectivistes nous assurent que le futur sera bâti de robots cohabitant paisiblement avec des humains cybernétiques, d'autres, tels Hugo de Garis, nous dépeignent une guerre devant se conclure par l'élimination de l'humain par des robots surpuissants et surintelligents.

D'autres encore, tel le scénariste et réalisateur de KARA (2011), David Cage (co-fondateur la société parisienne Quantic Dream), proposent un futur composé de robots androïdes dotés de microprocesseurs sémantiques autoréflexifs, comprenons :  capables de produire des émotions, puis des sentiments dont l'ultime :  le « sentiment-même de soi » (selon l'expression chère au neurologue Antonio Damasio) étant... en vie !

De tels androïdes ne nous tueraient pas mais nous aimeraient, tels leurs « ancêtres et constructeurs » selon un schéma asimovien...

http://www.youtube.com/watch?v=IswNIu65s4I

 

De tout ceci résulte qu'il y a fondamentalement deux grandes tendances,

→ celle optant pour le posthumain :  la vie future serait robotique et, pour un court moment, cybernétique (avec des humains dotés de prothèses, d'organes artificiels... :  des cyborgs) et, selon des opinions diverses, cette vie progressivement dominée par des robots intelligents serait soit éliminatrice de l'humanité « ordinaire » (les humains non biotechnologisés), soit esclavagisatrice de l'humanité restante, soit protectrice de cette humanité.

→ et celle allant vers un transhumain multiformes, tendance selon laquelle l'humain va survivre aux machines, soit en se bardant de prothèses et de molécules « d'augmentation » (principalement cognitive), soit en développant, du dedans, une neurobiochimie lui permettant de devenir plus puissant que toutes machines, car plus neuroplastique.

Cette thèse, que je défends dans mes plus récents ouvrages de science-fiction/anticipation, je l'avais brièvement et abstractivement présentée à Hugo de Garis lors d'une petite conversation que nous eûmes, après avoir chacun donné une conférence dans un même colloque (nous étions parmi quatre orateurs invités par l'Association Française Transhumaniste).

Je lui tins le propos suivant :  lui, présentait que la vie future serait celle de robots surpuissants et surintelligents asservissant puis exterminant l'humanité parce que son cerveau adoptait un raisonnement de physicien, considérant que tout peut se construire et se détruire ex-nihilo.

A contrario, mon cerveau adoptait un raisonnement de biologiste selon lequel il est observé que la vie, que le vivant en général, est toujours une recherche « vivante » d'équilibre ;  à l'imitation de l'adaptation des microbes aux médicaments :  lorsqu'on compare des microbes (d'une époque passée) conservés après qu'ils aient été détruits par un certain médicament, à la souche actuelle des mêmes microbes, lesquels résistent largement à cet ancien médicament, il nous est clair que le vivant (dont on exclura, ou non, tout ou partie des virus...) s'est adapté pour survivre.

Ce qui implique que lorsque des « robots surpuissants et surintelligents » apparaîtront, l'évolution, au sens darwinien du terme, produira une accélération du développement humain :

→ soit que des humains ou, plus exactement alors, des transhumains, deviendront, depuis Homo sapiens que nous sommes, des êtres très en symbiose avec leur environnement direct, naturel, depuis cette neurobiochimie que j'ai évoquée plus avant (je les nomme « jedtranshumains » ou « jedhumains »  dans ma prose)  ;

→ soit que nous parviendrons à accélérer l'évolution animale en nous, elle-même, épigénétiquement, et que l'humanité survivra (mais non l'espèce actuelle composée par... nous, sapiens, laquelle disparaîtra) ;  le genre Homo s'enrichissant alors d'une nouvelle espèce, pertinens, qui, plus adaptée et mieux neuroconnectée que la nôtre, la supplantera.

 

Ainsi,

-  pour nous résumer via une illustration adaptée non pas aux long vols intergalactiques d'un lointain futur, mais à la colonisation des lunes saturnienne et jupitérienne Titan et Europe, qui sera dans un avenir proche programmé pour suivre la conquête terraformatrice de Mars,

- une variante « primitive » d'Homo sideralensis sera Homo pertinens, dont l'une des spécificité est qu'il naîtra d'une accélération génétique :  le concept d'organisme génétiquement modifié étant ici remplacé, dans un respect du code génétique humain initial, par celui d'organisme génétiquement accéléré.

La vie humaine future est un champ exploratoire nouveau plein de promesses,

-                  1) les unes, fermement réalistes, fondées sur des scénarios (« noirs », « roses », « gris ») possibles et parfois même probables (de nature prospective),

-                  2) et les autres plus volontiers utopistes, fondées sur des tendances conjuguées à des souhaits (futurologie).

Réalistes ou utopiques – et souvent les deux ensemble – ces voies d'exploration nous conduisent au grand bonheur de découvrir nos possibilités et d'oser donner vie à nos plus beaux rêves, nos plus splendides espoir et nos plus motivants projets.

 

Daniel-Philippe de Sudres (chercheur en neurosciences cognitives expérimentales, écrivain – notamment de science fiction anticipative réaliste)