C'est en 2007 que l'on peut situer le sommet de l'anxiété dans le domaine du changement climatique.

Cette année-là, le GIEC (Groupe International d'Experts sur l'évolution du Climat, fondé en 1988 par le G7) publia son quatrième rapport, le plus pessimiste, et reçut conjointement avec Al Gore pour son film catastrophe « Une vérité qui dérange », le prix Nobel de la paix.

En Octobre de la même année, en France, le «Grenelle de l'environnement" publiait un rapport dont le premier chapitre s'intitulait :"Lutter contre le changement climatique".

La quasi totalité des institutions scientifiques semblaient en accord avec l'idée que nous allions vers une catastrophe, suite à un réchauffement de la surface de la terre, provoqué par l'augmentation du taux de gaz carbonique dans l'atmosphère, croissance due aux activités humaines.

Cette prédiction s'appuyait sur une courbe représentant les variations de la température au XXème siècle, et sur la corrélation qui était apparue entre le taux de gaz carbonique dans l'atmosphère et la température terrestre.

La courbe, (la fameuse "crosse de hockey") débutait par une partie quasiment horizontale, pour finir par une pointe dirigée vers le haut.

Le taux de gaz carbonique était mesuré par des glaciologues qui comparaient la composition des bulles d'air emprisonnées dans les glaciers à différentes ères géologiques.

Or, le taux de gaz carbonique augmente depuis le développement de l'industrie et des transports.

D'où la conclusion que le réchauffement de la surface terrestre résultait des activités humaines et ne pouvait que s'accentuer si l'humanité ne modifiait pas son comportement global.

Les prévisions concernant les conséquences de ce réchauffement furent apocalyptiques. Par exemple, furent annoncées la désertification de l’Espagne, transformée en Sahara, ou, au contraire suite à la fonte des glaces arctiques entraînant l'arrêt du Gulf Stream, une période glaciale sur toute l'Europe occidentale. De plus, une élévation énorme et rapide du niveau de la mer noyant les deltas et provoquant des exodes massifs de population était considérée comme pratiquement inévitable,

De toutes les façons, l'extrapolation de la courbe des températures laissait entrevoir des conséquences dramatiques à moyen terme, c’est-à-dire dans les toutes prochaines décennies.

Qu'en est-il maintenant des affirmations concernant le réchauffement de la planète, ses causes anthropiques, et ses conséquences ?

Tout d'abord l'amélioration des mesures glaciologiques a montré que, s'il existait en effet une corrélation entre les variations climatiques et celles du taux de gaz carbonique dans l'atmosphère, les variations de température précédaient de quelques siècles (800 ans en moyenne semble-t-il) celles du taux de gaz carbonique, et ne pouvaient donc pas en être la conséquence.

De plus, la mesure de la température moyenne du globe ne peut être considérée comme précise que lorsqu'il existe un maillage suffisamment serré des points de mesure ; or celui-ci n'est réalisé (notamment en ce qui concerne la surface des océans) que depuis qu'existent des satellites météorologiques en nombre suffisant, ce qui n'était pas encore le cas il y a un quart de siècle.

Les courbes tracées à partir de mesures ponctuelles isolées, disparates, trop peu nombreuses, non coordonnées, et effectuées suivant des méthodes différentes (ce qui fut le cas pendant la plus grande partie du XXème siècle), ne peuvent être que sujettes à caution. Il n'a d'ailleurs jamais été aisé de définir une température moyenne dans un milieu hétérogène.

Du coup, la courbe en crosse de hockey a disparu des dernières publications.

Actuellement, avec beaucoup de prudence, et sans vouloir nier les variations récentes de la température "moyenne" du globe, on admet généralement que celle-ci a crû lentement depuis la fin du XIXème siècle pendant une quarantaine d'années ; ont suivi un refroidissement jusque vers 1970, puis un vif réchauffement et, depuis 1998 une stagnation.

De telles évolutions sont monnaies courantes, même à l’époque historique.

La Sicile par exemple, au temps des guerres puniques, était le grenier à blé de Rome. Il est banal de rappeler que le Groenland fut colonie danoise pendant plusieurs siècles aux environs de l'an mil. Leroy-Ladurie situe le petit âge glaciaire en Europe entre 1100 et 1800, (avec de nombreuses fluctuations) Et nous savons tous que Bruges, Brouage, et Aigues-Mortes furent des ports de mer.

Ces changements n'étaient pas dus aux gaz produits par les activités industrielles ; celui que nous subissons l'est-il ?

La surface de la terre reçoit de la chaleur principalement du Soleil mais également depuis son noyau interne. Les océans absorbent et restituent de l'énergie ; l'atmosphère crée, (heureusement) un effet de serre dont le gaz carbonique n'est pas, loin de là, le seul acteur : la vapeur d'eau surtout (les océans couvrent les 2/3 du globe), et le méthane jouent aussi un grand rôle.

Tous ces mécanismes de création et d'échange de chaleur sont encore mal connus, et aucune hypothèse cherchant à expliquer les variations de la température terrestre ne fait actuellement l'unanimité.

Pour résumer l'état actuel de nos connaissances, les variations constatées au siècle dernier n'apparaissent pas fondamentalement différentes de celles des siècles précédents , et notre ignorance concernant leur(s) cause(s) interdit toute extrapolation aux climats futurs;

D'autre part, pourquoi postuler que le climat actuel est le climat optimal, et que toute modification ne peut être que nuisible ?

La disparition de la banquise arctique ne pourrait être que bénéfique pour le transport maritime, et la biodiversité est infiniment plus grande sous les tropiques qu'à l'intérieur des cercles polaires.

Enfin l'homme s'est jusqu'ici adapté aux changements du climat ; est-ce devenu impossible ?

Dans ces conditions, alors que tant de motifs d'inquiétude et tant de défis immédiats se présentent (lutte contre l'extrême pauvreté, accès à la nourriture, à l'eau potable, à l'éducation, éradication du Sida et des maladies tropicales par exemple, sans oublier les multiples conflits et la crise économique mondiale ...), il est étrange que les sociétés développées se soient focalisées sur la crainte du changement climatique .

Certes, il est toujours utile, et même louable, de faire des économies (d'énergie comme du reste), d'éviter les gaspillages et de préserver notre environnement, mais était-il nécessaire, pour justifier ce type d’actions, de réveiller des peurs millénaristes et d'élever "la lutte contre le changement climatique" au premier rang des priorités ? Alors que, par ailleurs, nombreux sont les dangers qui menacent notre civilisation, il ne semble pas que dans ce domaine il y ait un péril immédiat, et il est curieux de constater l'ampleur des craintes et les prises de positions excessives qui se sont manifestées et qui se manifestent encore à ce sujet.

J.Fauré.

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