La nosographie concerne la classification méthodique des maladies selon des critères d’exclusion et de différences. Elle permet de constituer des entités complètement distinctes entre elles et de la normalité.

La nosologie est la science sur laquelle repose la nosographie. L’étude des caractères distinctifs qui permettent de définir les maladies.

La nosographie psychiatrique a donc pour objet la classification des troubles et maladies psychiques.

Les principales classifications aujourd’hui en usage, outre celles que proposent les manuels et traités classiques de psychiatrie, sont:

-la CIM-10 : classification internationale des maladies de l’OMS ;

-le DSM, acronyme anglais de Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux , proposé par l’Association américaine de psychiatrie ;

-la Classification française des troubles mentaux de l’enfant et de l’adolescent.

Ces classifications ont suscité et continuent souvent de susciter de la part des psychiatres français de nombreuses réticences ; les unes portant sur tel ou tel aspect des classifications en usage (ainsi leur prétention athéorique, neutre et apolitique est contestée) ; d’autres ayant pour cible le principe classificatoire en tant que tel : notamment parce qu’il gommerait la singularité de chaque situation pathologique (« Il n’y a pas de maladie, il n’y a que des malades).

Premier commentaire de Pierre Grégoire (psychiatre) :

Dans un entretien de 1962 Lévi-Strauss énonce que "la nature engendre la pensée comme les autres formes de la vie... pensée  qui codifie, c'est à dire classe rigoureusement".

Il me semble que le discours contemporain est souvent rétif à cette classification quand elle concerne l'homme. Toute qualification apparaît comme réductrice,voire mensongère. Le savoir médical qui classe les maladies appelle ce classement la nosographie. Il existe donc une nosographie psychiatrique qui classe et définit les maladies mentales. Sans ouvrir le débat sur la position théorique qui considère que la folie est une maladie mentale, il est notable de constater une réticence aux dénominations issues de ces classifications, réticences qui peuvent par exemple se dire sur le mode: "j'ai peut-être une schizophrénie mais je ne suis pas schizophrène".  préservant ainsi un sujet, essence de l'être humain qui resterait pur non maculé par une désignation vécue comme dévalorisante. Cette position a naturellement ses vertus éthiques mais elle est contredite par un autre discours qui vise à faire reconnaître certaines caractéristiques humaines comme essentielles, à auto-définir son identité, demandant à la société  de la reconnaître. D'où des revendications identitaires qui contredisent le refus de qualification. Comme dit l'humoriste: "On est tous pareils, alors respectons nos différences".