Le keynésianisme, proposé par John Maynard Keynes, économiste anglais, est un enfant européen, et non marxiste, de la grande crise de 1929. Il théorisait l’intervention de l’État dans la régulation d’une économie sociale, sous la forme d’un soutien de la demande, promue locomotive de la production, conçue comme créatrice d’emplois. Ce soutien se réalise par la diminution des impôts frappant les revenus et celle des taux d’intérêt. Les besoins de consommation activent les revendications salariales, qui se répercutent sur les prix de revient. Même dans une économie protégée par des barrières douanières, ces procédés engendrent de l’inflation et une surchauffe, contraignant l’état à assécher la masse monétaire en circulation par une augmentation des impôts. Le ralentissement qui suit nécessite alors une relance*.

Les politiques keynésiennes, couramment pratiquées en Europe et bien sûr en France, où elles ont été mâtinées de marxisme, sont devenues intenables avec les progrès du marché européen, suivis par celui de la mondialisation. Le monétarisme, qui a suivi, mettant au premier plan la valeur de la monnaie et la lutte contre l’inflation, nécessite la rigueur des dépenses publiques et la modération des salaires. Le néo-libéralisme et son corollaire, la mondialisation, initiés par Ronald Reagan, ont mis en concurrence tous les outils de production, en abaissant de manière concertée les barrières douanières. La dérégulation a affecté de nombreuses activités, délocalisées vers les pays à faible coût de main d’œuvre quand c’était possible, ou a nécessité des restructurations se traduisant par un chômage en hausse dans les pays développés.

La mise en application des idées de Keynes a systématiquement omis, en France, pour des raisons essentiellement dogmatiques et culturelles, un des volets de la théorie : la performance, technologique et financière, des entreprises.  Celle-ci n’a cessé de se réduire, globalement, depuis la fin de la reconstruction (trente glorieuses).

Mais la crise financière, la stagnation des salaires, la reprise de l’inflation frappant l’énergie et les produits alimentaires, la baisse réelle du pouvoir d’achat, ont fait ressortir des cartons le keynésianisme. Il serait logique, pour commencer, de l’appliquer à une relance. Est-ce possible ?

Yves leclercq

* "stop and go"