C’est un néologisme, préparé en vue de sa généralisation : homo =
même, parentalité, également néologisme, dérivé de parental.
Le mot " homoparentalité " doit désigner la qualité de parents
reconnue à un couple dont les membres sont de même sexe et qui
déclarent avoir en charge des enfants.
Si les deux parents sont de sexe masculin, les enfants ne peuvent
être qu’adoptés.
Si les deux parents sont de sexe féminin, les enfants peuvent être
adoptés, ou mis au monde par l’une ou l’autre des conjointes (ou par
chacune d’elles) après fécondation par un don de sperme, naturel ou
artificiel.
Dans un cas comme dans l’autre, la filiation biologique est
considérée comme sans importance. Il suffit d’invoquer la culture,
qu’il est possible, dès qu’il s’agit de l’humanité, de substituer
complètement à la nature*.
Selon ce principe, un garçon n’est pas un garçon, une fille n’est pas
une fille, si personne ne le leur a dit. En l’absence de cette
désignation de leur sexe, ils ou elles ne sont pas en mesure de se
poser la question (de la différence devenue contingence), et ne
peuvent exprimer et mettre en actes un désir pour l’autre sexe. Le
désir serait conditionné à une information préalable, et façonné par
son contenu.
Une autre conséquence du transfert à la culture de la totalité de la
différence des sexes permettrait d’introduire un élargissement de la
parentalité sous les formes suivantes : X, fils, ou fille, de Mr Y,
et de Mr Z ( Y, né Z , en cas de mariage), et, X, fils ou fille de
Madame Y et de Madame Z (ou Y, née Z, en cas de mariage).
Cette évolution simplifierait considérablement la réponse à la
question naïve posée par les bambins: " d’où viennent les enfants ? "
" On va les chercher à la Mairie " deviendrait suffisant.
L’exclusion culturelle des corps et de la différence des sexes,
soutenue par un puissant " lobby " et largement acceptée par de
nombreuses sociétés qui se veulent modernes, rencontre cependant une
résistance. Une résistance honteuse, se sentant " out ".
Madame Sylviane Agacinski, Philosophe, Professeur à l’EHESS, rappelle
en termes prudents (Le Monde du 22 Juin 2007) que la définition
bilatérale de la filiation : fils ou fille de Untel et de Unetelle,
est universelle. On ne repère aucune exception dans une culture
particulière.
Fait de culture universel, selon la définition de Lévi-Strauss. Ou
fait de nature, qu’on a fini par reconnaître à l’évitement de
l’inceste ? L’acte de nomination est lié à la fonction de la parole,
également condition de toute culture. Les cultures sont différentes,
mais toutes les sociétés humaines ont une culture. Dont la
possibilité est donc un fait de nature.

J’aurai la prudence de ne pas ajouter : C.Q.F.D

Yves Leclercq

* La contradiction entre ce " tout culture " et le " tout nature " ne
semble pas gêner les pratiquants des deux absolus réunis..