A propos des images de Didier Vignon

Dans le film fantastique de Franju « Les yeux sans visage », un chirurgien tente à plusieurs reprises, de greffer sur sa fille défigurée dans un accident, le visage de jeunes filles enlevées à dessein. Dans l'attente de l'opération, elle porte un masque qui ne laisse apparaître que les yeux. Aux instants où elle l'a enlevé, le cinéaste rend l'image floue, fugitive. Deviner, imaginer ce visage devient alors pour le spectateur une obsession.
Les travaux de Didier Vignon font revivre cette obsession. Un fragment du corps - du corps féminin - souvent les yeux, mais aussi les mains ou encore le sexe, fascinent en échappant seuls à la délitescence de l'image.
Ici ou là, un élément intact, vivant, nous appelle, nous provoque, par sa survivance
dans le chaos contigu. Tout à coup, on prend conscience que dans la douceur des teintes, dans les surfaces attaquées, s'affrontent le vivant et la mort.
La force de ces images tient à cette juxtaposition. Le corps féminin ainsi mis en scène provoque une émotion et un saisissement violents car il figure simultanément et dans un mystère irréductible la beauté vivante et le corps détruit. Avec curiosité nous cherchons à saisir ce qui s'est dérobé autour de ces quelques fragments « vivants ». Peine perdue ! La quête de ce corps, vouée à l'échec nous confronte à l’effacement, à la décomposition.

Mireille Finiel


Didier Vignon, Rose

Rose


Didier Vignon, Trichloréthylène 7

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Didier Vignon, sans titre

Sans_titre


Didier Vignon, Trichloréthylène 8

Trichlor_thyl_ne__8


Didier Vignon, Flaque

Flaque


Didier Vignon, Cyclope

Cyclope


Didier Vignon, Les trois amies

Les_trois_amies


Didier Vignon, Couple

Couple

Didier Vignon, Trichloréthylène 6

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Didier Vignon, Trichloréthylène 3

Trichlor_thyl_ne_3


Didier Vignon, Danseuse

Danseuse