La démocratie, au sens littéral, c’est le pouvoir du peuple.

Dans une démocratie, chaque citoyen exerce la même part du pouvoir collectif qu’un autre et il n’y a aucun pouvoir au-dessus de celui du peuple.

On pourrait en déduire que la démocratie et les droits de l’homme sont en parfaite harmonie et que toute décision prise de façon démocratique est juste comme par définition.

L’histoire se charge de nous prouver qu’il n’en est rien.

Quand un peuple suit de son plein gré des dirigeants criminels qui agressent d’autres peuples. le pouvoir peut être démocratique et criminel.

Quand la majorité électorale d’un peuple porte atteinte aux droits de certaines composantes de ce même peuple, la démocratie peut être liberticide.

Démocratique n’est donc synonyme ni de légitime ni de juste.

Il est d’ailleurs dangereux d’étendre le principe de la démocratie hors du domaine politique.  où la règle qui s’impose est la décision collective prise par des individus égaux en droits.

La famille, l’école, l’Université, ne répondent pas à ce critère. Pour de multiples raisons, la hiérarchie des pouvoirs et des droits s’y impose.

Et l’entreprise ? Le concept de « démocratie sociale » invite à étendre la règle démocratique au monde du travail.

Est-ce cela que signifie « la social-démocratie ?

Cette transposition de la règle démocratique au niveau social est-elle légitime ?

Il vaut la peine d’y réfléchir

André Sénik (philosophe)