La question n’est pas de savoir qui a le plus d’amour ou de compassion pour les chômeurs (sinon il aurait fallu s’en remettre à L’abbé Pierre).

   Elle n’est pas non plus de savoir qui a le plus grand désir ni même la plus grande volonté d’abolir le chômage (sinon il faudrait peut-être la confier aux trotskistes…).

   Elle est simplement de savoir quelles sont les actions les plus capables de faire régresser le nombre des demandeurs d’emplois.

   Et il n’est nullement dit que ces actions soient nécessairement le fait de ceux qui ont la plus grande compassion ou le plus grand désir d’éradiquer la misère du monde.

   A la vérité le chômage (comme la pauvreté…) soulève deux problèmes :

   un problème de principe ou de valeur (problème moral et politique) : est-il légitime d’abandonner à leur sort des personnes durablement sans emploi ? Question d’autant plus cruciale qu’économiquement une société moderne peut parfaitement supporter la charge d’un nombre non négligeable de chômeurs  indemnisés ( Joseph Schumpeter évaluait ce nombre à environ 10% de la population).

   un problème stratégique et de moyens (problème politique et économique) : quels sont les moyens les plus efficaces pour faire régresser le chômage : plutôt le marché ? Plutôt la régulation par l’Etat ? Les deux ? C’est là un problème de moyens et non de principe. C’est une sorte de fanatisme politique que de faire de la régulation ou du marché  des principes ou des valeurs : fanatisme qu’on peut aussi bien rencontrer à droite (ultra-libéralisme) qu’à gauche (étatisme).

   Etre de gauche de manière non fanatique ou non religieuse, c’est penser que la régulation par l’Etat est probablement la stratégie la plus efficace ; on l’adoptera donc, mais pour autant et aussi longtemps qu’elle manifestera son efficacité ; et dans le cas contraire on sera prêt à la remettre (au moins partiellement) en cause, sans état d’âme.

  Etre de droite non religieusement, c’est choisir le marché comme arme contre la chômage, comme arme uniquement et uniquement aussi longtemps qu’elle fonctionne.

  Ne sacrifions pas l’efficacité de la lutte contre le chômage (la pauvreté…) sur l’autel d’un principe, ni sur celui du marché, ni sur celui de l’Etat.

PG

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