Il existe un lien étroit entre la puissance d’un pays et l’immigration.

D’une part, parce qu’un pays puissant suscite un désir d’immigration, désir encore plus fort si le pays est libre et ne pratique pas le principe de la préférence nationale.

D’autre part, parce que cette puissance requiert l’appel aux immigrés : ils lui sont un renfort démographique et donc économique ; ils constituent également autant de têtes de pont vers leurs pays d’origine et accroissent ainsi l’influence du pays d’accueil dans le monde, influence d’autant plus grande que l’immigration sera diversifiée.

Il en résulte :

   1. que l’immigration doit être désirée, puisqu’elle est signe et facteur de puissance.

   2. qu’elle doit être proportionnée à la puissance du pays d’accueil, et qu’en conséquence elle ne saurait être ni illimitée, ni totalement indifférenciée.

   3. qu’il n’y a aucune raison pour que cette expérience historique soit vécue dans la honte ou la culpabilité par le pays d’immigration, puisqu’elle est l’une des manifestations de sa puissance et de ses qualités. Que de tels sentiments soient évités est essentiel à la réussite même de l’expérience. Qui pourrait avoir envie de s’intégrer à un pays qui doute démesurément de sa propre valeur ?