L’école n’est pas partout en crise. De nombreux établissements scolaires fonctionnent correctement et même bien. D’autres, toutefois, connaissent une crise, ou plutôt deux, qu’on ne distingue pas suffisamment.

Une première crise tient à ce qu’un nombre important d’élèves, de collégiens en particulier (mais pas uniquement), sont loin du niveau requis, ont beaucoup de mal à remplir les obligations scolaires de base (travail, concentration, motivation). Le fait n’est pas nouveau, mais son ampleur est nouvelle.

La deuxième crise tient au climat de violence créé par le comportement invraisemblable d’un nombre non négligeable d’élèves, de collégiens en particulier (mais pas uniquement): on parle parfois d’élèves qui " montent au rideau " ; l’expression désigne des élèves incapables de se maîtriser, et donc tout à fait capables, à l’occasion, de violences verbales ou physiques.

On a tort de confondre les deux crises :

- d’abord parce qu’il est faux de croire que le première est la cause de la seconde : les élèves médiocres ou mauvais ne montent qu’exceptionnellement (et heureusement) au " rideau " ! (Quitte à être trop insistant : la grande majorité des élèves violents sont en échec scolaire, mais la réciproque n’est pas vraie: la grande majorité des élèves en échec ne sont pas pour autant violents.)

- ensuite parce que si la première crise, en ralentissant les classes quelle touche, est préoccupante, la seconde, en les empêchant de fonctionner, est dramatique.

- enfin, parce que, si s’affronter au manque de travail, de concentration ou de motivation de certains élèves fait partie intégrante de la mission des professeurs, il n’en va pas de même de la violence. Celle-ci ne relève pas, ne doit pas relever de leur compétence. Qu’ils soient expérimentés ou non.

PS. Le député européen Jean-Louis Bourlanges rappelait ( et m'apprenait) il y a quelques jours sur France Culture que l'une des raisons pour lesquelles le service militaire national avait été supprimé était la demande de l'Armée elle-même qui ne parvenait plus à "gérer" la violence de trop nombreux conscrits. Comment l'Ecole le pourrait-elle?