" nous savons pourtant au quotidien que c’est la qualité des liens qui fait le bonheur et non pas la quantité des biens. Nous avons besoin d’amitié, pas de productivité. " C’est par ces oppositions que l’économiste J.Généreux, dans son dernier livre, La Dissociété, décrit l’inhumanité des sociétés actuelles. Et il est loin d’être le seul !

…Nos sociétés sont sans aucun doute matérialistes, c’est à dire tournées vers le profit et la production de biens matériels : mais faut-il se lamenter pour autant ?

" La vie aussi se divise en travail et loisir, guerre et paix ; et parmi les actions les unes concernent ce qui est indispensable et utile, les autres ce qui est beau (…) : la guerre doit être choisie en vue de la paix, le labeur en vue du loisir, les choses indispensables et utiles en vue de celles qui sont belles ". Par ces quelques lignes des Politiques, Aristote nous met en garde contre deux dangers. Celui de faire de la guerre, du travail ou des choses utiles des fins, alors que ce ne sont tout au plus que des moyens pour repousser une agression ou vivre à l’abri du besoin. Mais plus encore, parce que plus insidieux, nous sommes mis en garde contre le danger de croire que l’on peut vouloir directement la paix, c’est à dire sans se préparer à la guerre ; le loisir (studieux), sans le rendre possible par l’accumulation d’un certain nombre de richesses ; ou les choses belles, sans passer par la médiation des choses utiles. En d’autres termes, c’est une profondeur bien factice que celle qui méprise au nom de la paix les activités militaires ou au nom de l’esprit les activités économiques et la recherche de la productivité.